Comment épouser un milliardaire (*****)

affiche_VERNON.inddUne comédienne sur le point de se marier avec le 33ème homme le plus riche du monde décide, pour son enterrement de vie de jeune fille, de fouler une dernière fois les planches. Entre les différents conseils pour pouvoir approcher et épouser un homme du célèbre classement Forbes, elle nous raconte sa vie d’avant, de pauvre travailleuse, son métier – qui ne lui correspondait pas vraiment –, sa rencontre avec son futur mari, sa vie avec lui, sa vie de milliardaire.

Dans un monde où les sujets ont un peu tendance à tourner en rond, Audrey Vernon arrive avec un thème inédit et réellement novateur. Mieux, son propos est aussi réfléchi, ingénieux, et n’est pas un simple prétexte pour enchaîner les vannes. Traité avec intelligence, il nous intéresse à l’économie, la mondialisation, le capitalisme, choses qui nous concernent tous, mais qui ne sont pas aisées à comprendre pour nous, les « pauvres ». On rit en apprenant des choses scandaleuses, on est scandalisé en riant.

Ce one woman show est réussi grâce à un texte incisif, ciselé, surprenant, mais aussi grâce à son interprète (et auteur). Contrairement à la comédienne sans humour et sans répartie qu’elle interprète, Audrey Vernon possède une fausse candeur et une fraîcheur pétillante qui lui permet de tout faire, de tout dire, même certaines phrases assez corsées, sans jamais choquer.

On ressort de ce spectacle en ayant ri et en ayant appris. Et ça, ce n’est pas courant.

Asseyez-vous sur le canapé, j’aiguise mon couteau (****)

14520c1def190cc635659846dec9a5b2Aujourd’hui est un jour spécial pour Eleonore. Un an pile poil que sa sœur a « mystérieusement » disparu, juste avant son mariage. Ce jour, c’est aussi celui où sa créature, l’homme idéal qu’elle a fabriqué à la manière du Docteur Frankenstein pour satisfaire ses désirs, se réveille. Un seul problème : la tête choisie pour la composer se révèle être celle d’un gay. Une seule solution, prendre la tête d’un homme bien vivant et, surtout, hétérosexuel…

Lorsqu’on choisit une pièce comme celle-ci, c’est d’abord parce qu’on est attiré par le titre. Le résumé très prometteur finit par nous convaincre, alors on y va. On s’installe, et les premières secondes, on est un peu décontenancé par le jeu volontairement outrancier des comédiens. Un jeu rappelant celui des acteurs de Boulevards. Tout comme le rythme, le nombre de retournements de situations ou les quiproquos de cette pièce d’ailleurs.
Malgré tout, on reste toujours très éloigné des codes de ce style au final assez réducteur. À des années lumières du genre, l’humour est ici complètement déjanté, riche en phrase qui pourraient devenir cultes, en jeux de mots osés, pourris (et donc géniaux), en références à l’actualité ou encore en réflexion métathéâtrales bien senties. Asseyez vous sur le canapé… devient surprenant, mouvementé et ne faiblit pas. On rit souvent, un rire sincère, franc, comme seules les bonnes comédies savent les provoquer.