La probabilité statistique de l’amour au premier regard (***)

2Dans ce roman, nous suivons Hadley qui s’apprête tout juste à prendre un avion pour se rendre à Londres. Elle est bien loin d’être ravie de prendre ce vol pour l’Angleterre, où son père va se remarier. Mais le destin s’en mêle, lui faisant rater son vol pour quatre toutes petites minutes. Elle ne se sent pas très à l’aise dans ce hall remplit de monde, elle angoisse à l’idée d’arriver en retard pour ce mariage qui ne l’enchante pourtant guère, mais elle parvient finalement elle se trouver une place pour le prochain vol, mais avant cela, trois heures d’attente l’attendre. Trois heures d’attente qui passeront finalement très vite, surtout lorsque Hadley fait la connaissance d’Oliver…
Les personnages sont très attachants et très attendrissants.

Hadley est une grande angoissée et une phobique invétérée. Oliver quant à lui est très terre à terre et à un côté rationnel extrêmement développé. Il parait assez sur de lui et à un humour So British ! On apprend à connaître les personnages au fur et à mesure qu’eux apprennent également à se connaitre.

Certes, il y a bien une histoire d’amour mais c’est une façon d’aborder plein d’autres thèmes tels que le divorce, le mariage et le remariage, le deuil, l’amour (évidemment).

Leurs échanges sont intéressants, censés et font très bien avancer l’histoire. Par contre, les émotions des personnages ne sont pas assez explicites.

Le style de l’auteur est des plus agréables. Il permet une lecture rapide, sans prise de tête. Les tournures de phrase et l’alternance du présent et du passé est utilisé avec beaucoup de subtilité et l’équilibre entre les deux est parfait. lecteur peut ainsi avoir un regard extérieur sur ce qui se passe, tout en pouvant “lire” dans les pensées d’Hadley.

Pour conclure, une lecture agréable pour un weekend.

One Hundred Names (****)

onehundred namesCecelia Ahern, l’auteur du fameux livre PS : I love you adapté au cinéma, se concentre sur l’univers journalistique dans One Hundred Names. En effet, Kitty Logan, journaliste dans le magazine Etcetera, a fait une erreur impardonnable et en subit les conséquences quotidiennement. Une de ses plus chères amies, Constance, est gravement malade et, dans ses derniers souffles, lui demande quelle est l’histoire qu’elle a toujours voulu écrire. Sur ces mots, elle lui laisse une lettre qui contient les noms de cent personnes. Alors, elle part dans une aventure didactique où elle va découvrir de nouvelles personnes qui vont changer sa conception de la vie et du monde journalistique.

Cecelia Ahern prend une idée pour en faire une histoire extraordinaire. Avec son écriture fluide et agréable à lire, elle plonge les lecteurs dans des environnements connus et en dégage des leçons philosophiques.

Kitty Logan interviewe des personnes de la liste et nous suivons l’évolution des personnages en apprenant en même temps leur passé qui les forge en tant que personnage ambivalent. Mais l’histoire est d’autant plus intéressante qu’elle regroupe des éléments de la vie du personnage principal, qui passe par plusieurs complications entre sa carrière et les hommes qui l’entourent.

Alors que le titre évoque Cents noms, le lecteur pense découvrir les histoires de cent personnes mais va rapidement être surpris puisque le roman se focalise sur quelques personnages en particulier qui sont merveilleusement dépeint autant physiquement que moralement. L’auteur les analyse pour nous montrer le meilleur d’eux-mêmes. Elle tourne les histoires de façon humoristique en ajoutant toujours des éléments romantiques.

L’auteur attend la fin de l’histoire pour faire une chute digne de ce nom, en regroupant toutes nos suppositions pour en faire un concept plein de justesse et de bon sens. Mais la fin reste quelque peu en suspens et laisse le lecteur sur son enthousiasme. Néanmoins, le dénouement est assez subtile pour permettre au lecteur de s’imaginer la suite des événements.

Le livre n’est pour le moment pas disponible en langue française.

Le destin des Highlands (***)

les-chefs-du-clan-murray,-tome-1---le-destin-des-highlands-514871-250-400Balfour Murray, dirigeant du clan du même nom, attaque le clan Beaton suite à l’enlèvement de son frère Eric. Sur sa route du retour, il croise Maldie, une guérisseuse, qui va ensuite intégrer leur clan. Très vite, des sentiments vont émerger de ces deux personnages mais leur romance ne sera pas de tout repos. Balfour peut-il vraiment se fier à cette jeune inconnue qui entretient un mystère sur ses origines et laisser libre cours au désir qu’il éprouve pour elle ?

Cette série est une des premières que l’auteur est écrite et nous pouvons voir une réelle évolution par rapport à l’histoire, aux personnages et à l’écriture. Dans Wherlocke ou Le Clan Murray, l’écriture de l’auteur est plus belle, moins lourde sur les états d’âme des personnages. Ensuite, ils sont plus approfondis et l’histoire a beaucoup plus de rebondissements. Alors que dans cette série, c’est un peu tout le contraire. Les personnages ont moins de punch et il y a moins d’actions et de rebondissements.

L’histoire se place dans l’Ecosse du Moyen-Âge et est très rapidement accompagnée d’une romance entre Balfour et Maldie. Ces personnages sont émouvants, sûrs d’eux mais aussi fragiles. Ils ont des parents qui ont commis beaucoup d’erreurs, les personnages sont donc pris dans le doute de reproduire les mêmes.

L’écriture de l’auteur est fluide mais l’histoire avance assez lentement. La personnalité des personnages est développée mais ils manquent de force de caractère. Au final, la lecture est très agréable même si un peu plus d’action et d’activité en plus n’aurait pas été de trop.

L’histoire « Le destin des Highlands » continue avec « L’honneur des Highlands » et « L’espoir des Highlands » formant une véritable série « Les chefs du clan Murray ». Cependant, elle est plutôt décevante en comparaison de sa précédente série « Le Clan Murray » dont l’histoire est tirée.

L’amour dure plus qu’une vie (***)

lamourdureplusquunevieL’amour dure plus qu’une vie est le roman de Ann Brashares, aussi connue pour avoir écrit la célèbre série Quatres filles et un Jean et aussi le nouveau roman Ici et maintenant. L’auteur se tourne vers un tout autre univers dans ce roman dont le titre un peu naïf ne représente pas l’œuvre. Le titre original « My name is Memory » illustre mieux le contexte dans lequel l’auteur nous plonge.

Alors que Lucy s’est demandée toute l’année qui était le mystérieux Daniel dans son lycée, elle se voit stupéfaite lorsqu’au bal de l’année, il avoue l’avoir aimé dans une autre vie. Lucy ne veut rien savoir de cette histoire, mais remarque qu’elle est étrangement liée à lui. Elle est alors projetée dans des situations qui vont lui découvrir des éléments inattendus sur ses précédentes vies. Mais leur histoire a toujours été en danger.

Le livre est très soigneusement écrit, il est donc très agréable de suivre les différentes vies par lesquelles les personnages sont passées. En effet, la trame du récit est entrecoupée par des fragments de la vie Daniel. Ces deux formes de récits sont écrites différemment, ce qui permet au lecteur de pouvoir être plus facilement plongé dans le contexte. L’histoire est tout à fait cohérente et nous donne un tout nouveau point de vue sur l’univers et le thème de la réincarnation consciente.

Néanmoins, le lecteur a comme une sensation d’inachevée. La fin est trop ouverte pour que le lecteur puisse comprendre où l’auteur veut en venir, si bien que nous nous demandons même si c’est vraiment une fin. Nous regrettons le fait que l’auteur n’ait pas développé davantage la fin et attendons une suite.

Replay (****)

1721_810602Jeff Winston meurt subitement d’une crise cardiaque à l’âge de 43 ans, mais il se réveille dans sa chambre d’étudiant, forcé à revivre sa vie, sachant ce que d’autres ne savent pas encore. Il essaie donc de faire de nouvelles expériences et d’empêcher des évènements de se reproduire, en sachant les conséquences qu’ils pourraient avoir. Mais à chaque fois, il se réveille à son adolescence, toutes ses actions n’ayant servi à rien. C’est ainsi qu’il va essayer de comprendre pourquoi il a la possibilité de vivre après avoir vécu plusieurs morts, et va chercher d’autres personnes qui vivent la même chose que lui.

Le thème de ce livre est très original et nous questionne sur ces évènements. Est-ce possible de changer le court du monde en savant ce qu’il va se passer dans le futur ? C’est ce que se demande Jeff Winston, et ce qu’il va essayer de faire. L’écriture est soignée, plusieurs thèmes sont abordés. Le lecteur vit dans la peau d’un homme qui ne sait pas que faire dans ce monde déjà connu. Nous suivons donc les multiples péripéties dans lesquelles le personnage principal va se trouver, et voir l’aboutissement de ses décisions qui ne sont pas souvent justifiées.

Chroniques d’une humanité augmentée (***)

Couv_chroniques_d_1_humanite_augmentee - lightCouv_chroniques_d_1_humanite_augmentee - light (1)Dans ce roman d’environ 70 pages, l’auteur se focalise sur la tournure que pourrait prendre les évènements si le monde virtuel venait à faire partie courante de la vie jusqu’à créer une « réalité augmentée ». Ce sujet est donc évoqué à travers plusieurs nouvelles qui sont séparées par des interstices.

Le récit s’ouvre sur les faits rapides de la vie de Julien qui en vient à ne plus se souvenir de son nom ou des gens qu’il côtoie. Il a de violentes pertes de mémoire et souffre d’un dédoublement de la personnalité. Le lecteur, intrigué par ces réactions et tourmenté par ce que ressent le personnage, se demande d’où cela peut venir.

Nous suivons l’histoire à travers Julien, puis Nicolas mais aussi Alfred et Sébastien sans oublier les régulateurs. Chaque personnage offre un nouveau point de vue sur le sujet car ils montrent les conséquences d’un monde virtuel.

En effet, que penser d’une vie où nous serions sans cesse connecté à un avatar ? Et où nous serions des avatars dont nous pouvons modifier l’apparence à souhait ? Même si pour certain l’idée n’est pas mauvaise, le problème est ce que l’autorité pourrait faire des données nous concernant.

L’auteur nous offre donc une réflexion sur le sujet dans ses nouvelles concises mais subtiles. Il dépeint un monde où les problèmes d’argent déteindrait sur l’apparence des personnes qui seraient « pixelisées » ou auraient des problèmes de connexion. Le tout est développé intelligemment, plusieurs références sont utilisées comme l’Allégorie de la Caverne rappelée au début et d’autres citations tels que « L’enfer, c’est les autres ».

Vous pourrez retrouver des informations sur l’auteur et sa création ici : https://pascalbleval.wordpress.com/

Et vous pourrez l’acheter ici : http://www.amazon.fr/Chroniques-dune-humanit%C3%A9-augment%C3%A9e-futur-ebook/dp/B00LS6U5O6/ref=la_B00LSEU2Q4_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1405326767&sr=1-1

Loin de tout (*)

Loin de Tout - Tome 1Ce roman retrace l’histoire de Camryn. Elle a vingt ans et a plusieurs complications dans sa vie : elle a perdu son petit ami lors d’un accident de voiture, s’est disputée avec sa meilleure amie, etc… Alors, afin de chasser la monotonie et les aléas de sa vie, elle décide de prendre le bus et de partir loin de chez elle.

Dans le bus, elle rencontre Andrew, vingt-cinq ans, qui a aussi pas mal de problèmes dans sa vie. Durant tout le voyage, ils n’échangent que des banalités et ne cherchent pas à se connaître, mais une attirance va se construire entre eux et le lourd secret qu’Andrew essaie de cacher va peut-être bouleverser leur relation naissante.

L’auteur veut créer une complicité entre les deux personnages qui veulent s’éloigner de leur vie passée et prendre des chemins différents. Mais cette complicité n’existe que très peu, et si elle existe, elle n’est pas naturelle. Le langage est très peu soigné et quelques évènements aurait pu être épargnés puisqu’inutiles. L’histoire est très cliché, et dès la lecture du résumé, le lecteur peut se faire à l’idée la suite des évènements. Rien d’extraordinaire ne se passe dans ce livre, et les actions que le lecteur attendent sont souvent décevantes.

Crime d’honneur (***)

honour-elif-shafakDès les premières lignes du roman, la mort de Pembe, mère de 3 enfants, est évoquée. Dès lors le lecteur est conscient que ce thème va être principal, et la base de l’histoire. Sa fille, Esma, a toujours voulu devenir écrivain et décide d’écrire l’histoire de sa mère afin qu’elle soit commémorée.

Ainsi, chaque nouveau chapitre retrace une partie de l’histoire de sa mère, comme celle de sa famille en général, à différente période. Le lecteur suit alors les évènements que Pembe a vécus à partir de sa naissance dans une famille d’origine turque et kurde composée exclusivement de filles -au malheur de sa propre mère, Naze. Le lecteur cherche la raison pour laquelle Pembe ait pu être assassinée et chaque chapitre est un indice grâce à la complexité de l’histoire familiale et ses conséquences.

Au départ, l’insertion dans l’histoire peut être difficile puisque chaque chapitre donne voix à un nouveau personnage, membre de la famille, il est peut-être conseillé de dresser un arbre généalogique pour visualiser la famille. Mais dès que les histoires sont concrètes, il est aisé de prendre part à l’histoire qui ne s’apparente pas à une fiction.

L’auteur met l’accent sur les thèmes chers à sa culture tels que l’immigration d’une famille turque et kurde dans un pays de l’Ouest comme l’Angleterre, l’intégration et l’acceptation parfois difficile de la population et l’honneur des familles de cette culture. Le lecteur est d’autant plus surpris par la tournure des évènements.

La vérité sur l’affaire Harry Quebert (****)

la-verite-sur-4502Le deuxième livre de Joël Dicker, La vérité sur l’affaire Harry Quebert, a gagné le 25ème prix Goncourt des Lycées en 2012. Du haut de ces 600 pages (800 selon l’édition), l’auteur retrace l’histoire d’un écrivain, Marcus Goldman, qui, après avoir vécu le succès de son premier livre, est confronté à l’horreur de la page blanche. Il cherche alors l’inspiration chez son ami Harry Quebert, anciennement son professeur et aussi écrivain, qui lui donne des conseils pour l’écriture d’un roman à succès.

Mais un évènement inattendu arrive. Harry est accusé du meurtre de Nola Kellergan, sa compagne secrète âgée de 15 ans. Marcus, convaincu de son innocence, enquète personnellement sur cette affaire afin de disculper Harry.

Le livre est très bien écrit, avec des mots simples et facile à comprendre. Les nombreuses pages à lire ne sont pas une contrainte, le lecteur est plongé dans l’histoire intrigante du meurtre non résolu depuis une trentaine d’année. Nous sommes impliqués dans ce thriller à l’américaine, l’auteur donne la possibilité d’avoir un avis sur les différents accusés.

De plus, à chaque chapitre, se trouve un conseil de Harry Quebert sur l’écriture qui pour lui, s’apparente à la boxe.

Ainsi, le lecteur est tenu en haleine jusqu’à la fin du roman alors que les pistes s’éclaircissent au fur et à mesure. Ce livre peut être lu par tout type de personnes.

L’équation de l’amour et du hasard (****)

equationCe roman retrace l’histoire de deux adolescents qui, ayant échangé des mails pendant plusieurs mois, se rencontrent. En effet, ces deux protagonistes avaient décidé de ne pas livrer d’informations personnelles afin de conserver une relation simple. Mais la connaissance de leur identité va changer et même compliquer leur relation.

Ce livre est très bien écrit, il se lit rapidement, le lecteur n’a pas de mal à s’inscrire dans l’histoire et s’identifier aux personnages. Nous jonglons entre les pensées de ces deux personnages, qui ont le point commun de s’aimer, mais qui ne le peuvent. En effet Graham Larkin est une célébrité, il a joué dans plusieurs films à succès et sa notoriété est grandissante. Il ne peut pas sortir avec Ellie O’Neill, simple habitante d’un village et d’un milieu modeste. Les deux personnages veulent créer leur propre histoire d’amour, mais sont face à plusieurs difficultés.

Cette histoire est très distrayante, propice à l’imagination. Parfois perçue comme naïve, mais qui tient tout à fait la route. Nous regrettons simplement la fin.